Au début, la lumière : ombres, contrastes, couleurs, grains de lumière. Au commencement, la géométrie : lignes, courbes, surfaces, volumes… De là les formes, les objets, les paysages, les silhouettes, l’inépuisable diversité des mondes. Les scruter. S’efforcer de revenir au premier regard. Regarder comme on n’a jamais vu, ce que personne peut-être n’a encore jamais perçu, ou autrement. Percevoir l’imperceptible, ce qui se dérobe derrière la banalité du quotidien, ce qu’on ne voyait plus, par habitude, par lassitude.

Engendrer des images. Des images qui ne seraient pas de pâles copies, des clichés, mais des révélations, des célébrations de ce qui survit encore des commencements, « le vierge, le vivace… ». Tenter l’impossible. Oter les voiles qui aveuglent, les écrans qui cachent. Voir comme on n’a jamais vu. Photo-graphier.

Jean MARY